BRUSSELS  SEP 5 - OCT 23  

AFRITOPIA

DIARRA   |   KEMKENG NOAH   |    KIALEUKA

EXPOSITION PROLONGÉE JUSQU'AU 23 OCTOBRE

BLAACKBOX est honorée d'inaugurer son programme en présentant le nouveau travail

de trois artistes contemporains issus de la vibrante scène africaine de Bruxelles.

Leurs perspectives artistiques kaléidoscopiques porteront sur les questions d'identité, d'héritage culturel et de citoyenneté globale.


Pendant deux semaines, BLAACKBOX investira l'espace de La Maison Commune d'Ixelles,

près des galeries d'art de l'Avenue Louise, afin de coïncider avec le off du Brussels Gallery Weekend et we.art.xl


AFRITOPIA

DIARRA   |   KEMKENG NOAH   |    KIALEUKA

Entre utopies et dystopies, la Diaspora africaine globalisée se décline en univers de fusions culturelles qui semblent ne jamais avoir été plus puissantes et transformatrices que durant ce XXIème siècle. S’appuyant sur leur héritage malien, congolais et camerounais, Diarra, Kialeuka et Kemkeng Noah fabriquent des images uniques qui traduisent leurs expériences existentielles de ce qu’être africain hors-d’Afrique implique. Stigmates, cicatrices, et identités noyées sont autant d’envers qui nourrissent leur fierté, leur richesse et leur passion de l’autre. Aujourd’hui, tous les trois vivent à Bruxelles et c’est d’ici qu’ils créent ces passerelles visuelles qui forment leurs chemins de vie. À nous de les emprunter le temps d’une exposition, ou plus longtemps encore.


Franck Kemkeng Noah met en valeur le patrimoine architectural belge et l’Histoire qu’il porte en lui, en y introduisant les mascarades et rituels animistes de l’Afrique de l’Ouest et Centrale. Il cherche à nous montrer que deux mondes qui co-existent peuvent ne faire qu’un. Ses tableaux sont autant d’invitations à la découverte de l’autre, celui que l’on ne connait pas, qu’à la redécouverte de qui nous sommes à travers notre patrimoine architectural. L’architecture et la mascarade sont deux expressions humaines codifiées qui regorgent de secrets enfouis sous une façade explicitement identitaire. Ce corps pictural dédié à Bruxelles prend parfois des allures de bande-dessinée à la croisée des chemins entre le surréalisme de Delvaux et les films de Miyazaki. Ainsi la danse royale Tso des Bamilékés et l’architecture des Galeries Royales Saint-Hubert mettent en avant la coexistence de mondes complexes où les principes sociétaux et les modes de pensée se confondent et se refondent.


Bruxellois depuis maintenant cinq ans, mais perpétuel migrant selon-lui, Bayunga Kialeuka quitte son Congo natal à six ans pour rejoindre Miami. Son regard sur cet héritage Africain, il a décidé de le décliner de manière triangulaire, d’abord aux États-Unis, puis à Kinshasa. Aujourd’hui, c’est le troisième point du triangle qui se construit avec comme force centrifuge Bruxelles et ses rencontres. À travers quatre larges portraits de personnes qui ont marqué la vie belge de l’artiste, Kialeuka donne libre cours à un mode de représentation à la fois puissant et déconcertant, entre modernisme d’un jeune XXème siècle et peinture engagée African-American – style qu’il revendique lui-même comme appartenant à un courant qu’il nomme social expressionism, une philosophie artistique s’appuyant sur des passerelles entre l’expressionisme allemand et le réalisme social, propre aux artistes issus de la Diaspora africaine.


Thiemoko Claude Diarra incarne la fusion. Né d’un père sculpteur traditionnel Bamana et d’une mère infirmière bruxelloise, son travail s’inscrit dans cette dichotomie, entre spirituel et rationnel, puisant à la fois dans l’animisme et dans l’anatomie les ingrédients nécessaires à la création d’êtres hybrides, citoyens modernes aux valeurs universelles. Après une première série déclinant son univers artistique baptisé Anatopia, puis un travail inspiré par la pandémie se focalisant sur le principe d’Heterosis, c’est maintenant au tour de la renaissance cosmique. Dans cette nouvelle série intitulée Transe-Transfert, Diarra poursuit sa recherche sur les notions d’identité, d’absurdité et de rencontre, tout en donnant enfin une vision plus large de l’univers artistique dans lequel s’inscrit l’ensemble de son travail, le réAnimisme, dont il livre ici le Manifeste. Suffit alors de plonger dans le Panneau du Chasseur Donso, pour se voir projeté dans une dynamique compulsive au sein de laquelle le mouvement devient symbole, et le corps tout entier, un simple vecteur géométrique de l’expression sacrée.


La coexistence de ces trois ensembles d’œuvres à Bruxelles, en 2021, confirme encore cette diversité artistique qui nourrit quotidiennement la capitale, alors même que les enjeux d’immigrations économiques et climatiques déstabilisent l’utopie d’une Europe bien plus large. Les Afritopies de ces trois artistes nous guidant inlassablement vers nous-mêmes autant que vers l’autre, celui dont on ne sait que peu, comme autant d’invitations à un voyage qui se ferait dans les deux sens.



ARTISTS

THIEMOKO CLAUDE DIARRA

Born in Mali in 1974, Diarra lived between Bamako, Brussels and Dakar. His father is a Bamana sculptor and his mother was a nurse from Belgium. Thiémoko Claude Diarra sits right at the crossroad of these two cultures, between the sacred art of his ancestors and the heritage of those who advanced Western medical science through the centuries.


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FRANCK KEMKENG NOAH

Born in Yaoundé in 1992, Franck Kemkeng Noah graduates with a Master in Fine Arts from IBAF. In 2017, he moves to Amiens (France) and follows a second Master in Artistic Research. Soon, he starts painting on abandonned carpets. The discarded household objects he finds on the streets become a new support for a series of works which serve as narrative points in the history of migrations.


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BAYUNGA KIALEUKA

A Congolese born narrative painter, curator, and mural artist, Kialeuka grew up in Miami (USA), where he worked as an artist before moving to other US cities, all the while variably travelling to DRC. His work focuses on themes of social realism, investigating society through the prismatic lenses of economic ecosystems, race and cultural identity.


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